Le bon leadership : ce que j’ai appris en 30 ans - #200

Shownotes

Le leadership est souvent associé aux titres, aux rôles ou au charisme personnel. Dans la pratique, il se révèle surtout plus tard, lorsque la pression augmente, que des décisions doivent être prises et que les équipes ont besoin d’orientation. C’est dans ces moments que l’on voit si quelqu’un est capable de donner une direction, d’assumer ses responsabilités et de rester humain dans des circonstances difficiles.

Dans le 200e épisode de Lessons to Grow, et dans son premier épisode en français, Armin Rau parle des bons et des mauvais dirigeants. En s’appuyant sur près de vingt ans d’expérience dans le management international et plus de dix ans d’entrepreneuriat, il revient sur les comportements qui renforcent la confiance, la clarté et la performance, ainsi que sur ceux qui les fragilisent avec le temps.

Une partie centrale de l’épisode explore ce qui se cache souvent derrière un mauvais leadership. Armin décrit des personnes techniquement solides, mais pas encore prêtes à diriger, des managers qui compensent leur insécurité par la pression ou des réactions émotionnelles, ainsi que des dirigeants dont l’ego finit par prendre plus de place que le travail lui-même. Pour les collaborateurs, cela crée souvent de l’incertitude, du cynisme et un désengagement progressif.

L’épisode montre également que ces dynamiques ne se limitent pas aux relations hiérarchiques classiques. Des mécanismes similaires peuvent apparaître avec des investisseurs, des mentors, des clients, des membres de conseil ou dans toute relation où une dépendance existe ou se fait sentir. Pour Armin, l’une des grandes leçons est de construire des options avant qu’une seule relation ne prenne trop de poids.

Le bon leadership, tel qu’Armin le décrit, fonctionne différemment : il apporte de la clarté, exige des résultats, confie des responsabilités et reste présent lorsque le soutien est nécessaire. Il associe le bon leadership au focus, à la substance, au sang-froid, à la discipline d’exécution, à l’orientation par les chiffres, au courage et à l’humanité. Des expériences avec des dirigeants comme Eduardo Montes et David Andrews ont particulièrement marqué sa compréhension de ce que signifie montrer l’exemple, tenir ses principes et prendre des décisions même lorsqu’elles comportent des inconvénients.

L’épisode est aussi une réflexion personnelle sur le parcours d’Armin, de développeur logiciel à manager international puis entrepreneur. Son MBA a été un catalyseur, ses fonctions internationales ont été un terrain d’apprentissage, et la pression, les revers ainsi que les défis personnels ont façonné les principes de leadership qu’il applique aujourd’hui : les résultats comptent, la vision donne une direction, les personnes ont besoin de soutien, la critique doit être acceptée, l’ego ne doit pas devenir plus important que le travail, et le leadership doit rester humain sous pression.

Cet épisode est particulièrement pertinent pour les entrepreneurs, les dirigeants, les cadres exécutifs, les PME et les équipes de direction qui souhaitent comprendre comment les leaders agissent sous pression, et pourquoi la clarté, la responsabilité, les résultats, le soutien et le sang-froid doivent aller ensemble.

Dans cet épisode, vous découvrirez notamment :

  • pourquoi l’expertise technique ne suffit pas à faire un bon leader
  • comment la surcharge, l’ego et l’insécurité peuvent influencer les comportements de leadership
  • pourquoi la dépendance envers des supérieurs, investisseurs, mentors ou clients peut devenir stratégiquement critique
  • comment un bon leadership combine clarté, confiance, responsabilité et résultats
  • pourquoi le sang-froid, les chiffres et la discipline d’exécution deviennent essen

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Transkript anzeigen

00:00:00: Bienvenue chez Lessons to Grow, le podcast consacré au bon management en période de bouleversement.

00:00:08: Je m'appelle Arminel Rowe je suis dirigeant international et entrepreneur.

00:00:13: Aujourd'hui est un jour un peu particulier.

00:00:17: tu écoutes la deux centième épisode de Lessons To Grow et pour cette occasion j'aimerais parler des bons patrons et des mauvais patrons de ce que j'ai vécu au cours de ma carrière, de ce qu'j'en ai appris et peut-être aussi de ceux que toi tu pourras en retenir.

00:00:37: Mais avant cela place à l'introduction !

00:00:47: Les bons patrons les mauvais patrons c'est le titre.

00:00:53: Tout le monde connaît le bon flic, mauvais flic.

00:00:56: Beaucoup connaissent aussi riche dead, poor-dead alors père riche, père pauvre et je dirais en toute modestie Binder got the t-shirt.

00:01:07: I was there.

00:01:08: j'étais là et j'ai la tee shirt.

00:01:11: J'ai moi même fait partie de la direction de grande entreprise.

00:01:16: J'ai travaillé en étroite collaboration avec ceux que l'on appelle parfois les superstars du monde de l'entreprise.

00:01:24: En Allemagne, au Royaume-Uni, en France et en Suisse dans des environnements internationaux aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur des organisations.

00:01:40: Et j'en ai vu des choses À l'occasion de ce deux centième épisode, j'ai donc envie d'enlever un peu le voile sur certaines expériences.

00:01:53: Il sera question des chemins récurrents, de bons patrons et mauvais patrons, de personnalités marquantes, de mentors ou clients, d'investisseurs plus largement que toutes ces situations dans lesquelles nous dépendons d'autres personnes.

00:02:12: parfois de façon réelle, parfois simplement parce que nous le ressentons ainsi.

00:02:19: Mais avant tout, merci !

00:02:22: Merci pour votre confiance, merci pour votre fidélité.

00:02:26: Nous approchons désormais les dix mille écoutes sur lessons to grow et comptons près de cinq cents abonnés.

00:02:33: Et je suis sincèrement heureux de constater que ce partage d'expérience nourrit par près de vingt années de management international et plus des dix années d'entrepreneuriat trouve un écho auprès de vous.

00:02:50: Entrons donc directement dans le vif du sujet, et commençons par les mauvais patrons.

00:03:01: Je pense notamment à ce docteur en informatique, un expert compétent sur le plan technique.

00:03:10: Un peu excentrique, un peu originale souvent amusant.

00:03:15: puis du jour au lendemain il s'est retrouvé à la tête d'une trentaine de personnes et comme dirigeant il était totalement inadapté a la fonction.

00:03:28: Ce genre de situation je l'ai observé à plusieurs reprises.

00:03:34: Un excellent expert, un original brillant quelqu'un de très compétent sur le plan technique.

00:03:43: puis un jour on lui confie une équipe et à partir de là tout se complique.

00:03:49: les collaborateurs doivent apprendre à contourner certaines difficultés a s'adapter à trouver leurs propres propres solutions et petit-à-petit chacun construit ses propres chemins parallèles.

00:04:04: Puis, il y avait une autre catégorie de dirigeants et celle-là est nettement plus difficile à vivre.

00:04:14: Je parle de ceux qui compensent leurs surcharges de travail, leur stress ou leur insécurité par des réactions émotionnelles excessives.

00:04:27: j'ai connu toutes les variantes jusqu'au véritable colérique.

00:04:31: Il faut toutefois replacer les choses dans leur contexte.

00:04:36: Au début de ma carrière, le management autoritaire était encore largement accepté.

00:04:42: L'intimidation des collaborateurs faisait presque partie du paysage d'un certaines organisations.

00:04:50: Beaucoup de comportements considérés comme normaux à l'époque seraient aujourd'hui tout simplement inacceptables Et c'est une bonne chose.

00:05:01: Nous avons appris à faire avec.

00:05:04: On encaissait, on prenait sur soi.

00:05:07: On essayait simplement de traverser la tempête.

00:05:11: Aujourd'hui mon regard est différent.

00:05:14: je pense qu'un dirigeant doit savoir distinguer les émotions des faits.

00:05:24: C'est lui qui veut diriger des personnes doit maîtriser ses émotons et plus elles sont fortes, plus cette maîtrise devient essentielle.

00:05:37: Mon père disait parfois lorsque nous étions enfants et que nous faisions preuve d'un peu trop d'entêtement.

00:05:47: va donc te cogner trois fois la tête contre un mur.

00:05:50: peut-être que cela ira mieux après.

00:05:53: Bien sûr il ne fallait pas prendre cela au pied de l'athlète.

00:05:57: c'était une image mais le message était clair D'abord se calmer, respirer puis regarder l'effet.

00:06:07: Alors comment gérer ce type de patron ?

00:06:11: Face à un véritable colérique ou à quelqu'un qui utilise la pression psychologique comme méthode de management.

00:06:20: les options restent limitées.

00:06:23: On peut essayer d'en parler directement.

00:06:26: La plupart du temps cela ne mène pas très loin.

00:06:30: Ces personnes trouvent souvent des excuses ou des justifications.

00:06:35: On peut également emprunter la voie officielle, dans un grand groupe cela signifie généralement passer par les ressources humaines.

00:06:44: mais cette démarche n'est pas toujours simple non plus.

00:06:49: on vous reprochera parfois à manque de loyauté où l'on vous fera comprendre de manière plus ou moins subtile qu'il y aurait mieux valu ne pas faire de vagues.

00:07:03: Parfois même que vous êtes simplement trop sensible, tout cela existe !

00:07:09: Si quelqu'un humilie ses collaborateurs les rabesses ou les intémides de manière systématique mon conseil aujourd'hui est simple.

00:07:18: Utilisez des canaux officiels où allez directement voir le dirigeant de l'entreprise Et si celui-ci ne vous soutient pas, partez.

00:07:28: Certaines choses ne sont tout simplement pas acceptables.

00:07:32: et surtout souvenez-vous d'une chose.

00:07:35: Vous avez davantage de valeur que vous ne le pensez lorsque vous êtes dans ce type des situations.

00:07:42: Pendant longtemps j'ai accepté beaucoup trop de choses par peur, par ambition pour la carrière suivante pour satisfaire cette chaîne invisible des décideurs, de menteurs et d'influenceurs dont dépend parfois une carrière.

00:08:02: On se persuade qu'il faut tenir bon !

00:08:05: Aujourd'hui je vois les choses autrement même si je sais aussi qu'ils sont toujours plus faciles d'analyser le passé avec l'expérience acquise ensuite.

00:08:23: Un autre type de patron Que j'ai rencontré, c'est celui que j'appelle pour les besoins de l'histoire le Rumpelstilzien.

00:08:35: Quelqu'un qui était tout simplement dépassé par son rôle.

00:08:39: Il travaillait énormément et il se donnait sans compter.

00:08:44: Il était même proche d'épuisement !

00:08:47: Mais malgré tous ses efforts il n'avait ni les capacités intellectuelles, ni la profondeur professionnelle nécessaire pour occuper pleinement sa fonction.

00:09:01: Dans son cas, ils n'avaient pas non plus de formation universitaire.

00:09:05: En soi cela ne signifie absolument rien !

00:09:08: J'ai rencontré des dirigeants remarquables sans diplôme prestigieux.

00:09:13: Le problème n'était pas là.

00:09:14: Le probleme était qu'il ne parvenait ni à convaincre ni à inspirer.

00:09:19: Et cette faiblesse, il essayait de la compenser par une pression plus ou moins subtile.

00:09:29: C'est là que l'on touche à un sujet fondamental – la dépendance !

00:09:34: Cela peut arriver avec un patron mais aussi avec un investisseur, avec un mentor, avec le client et avec un membre d'un conseil d'administration.

00:09:46: Partout où existe une relation de dépendance réelle ou perçue Le rapport de force peut être utilisé à mauvais essiant.

00:09:57: Pendant un temps, il faut parfois supporter ce type de situation mais il arrive au moment où il devient nécessaire d'explorer d'autres options.

00:10:08: C'est d'ailleurs l'une des leçons les plus importantes que m'ont enseigné les mauvais patrons.

00:10:15: Ne reproduis jamais ce que tu as toi-même subi ni comme responsable ni comme menteur, ni comme entrepreneur, ni un bastisseur.

00:10:27: Puis il y a un autre profil que j'ai souvent croisé celui qui s'est vendu mieux qu'ils ne s'étaient préparés.

00:10:36: Quelqu'un passe en entretien impressionne tout le monde des croches à postes prestigieux puis découvre une fois installée qu'il n'ait pas réellement prêt pour ce niveau de responsabilité.

00:10:49: Mon professeur préféré au Babson College, Neil Thornberry appelait ce type de personnage un country clubber.

00:10:57: C'est quelqu'un qui évolue dans les couloirs comme s'il était dans une club privée, une belle allure et l'aisance du style, un talent certain pour la conversation.

00:11:10: Comme s'ils passaient ces journées sur le pont d'un paquebot de luxe.

00:11:15: mais Dès qu'on creuse un peu, la substance se fait plus rare.

00:11:21: Et surtout cela ne doit jamais se voir !

00:11:25: J'ai vu ce type de profil provoquer des pertes de plusieurs millions.

00:11:30: Ils sont souvent moins agressifs que les colériques.

00:11:34: Il n'écrit pas... ils n'intimident pas ouvertement mais ils esquivent, il bruit l'épiste Il donne l'impression de maîtriser les choses à l'heure qu'ils cherchent surtout à masquer leurs limites.

00:11:51: Et tôt ou tard cela finit par coûter cher, très cher même !

00:11:56: Pendant longtemps j'ai eu beaucoup de mal a supporter l'incompétence dans une fonction côté de moi et j'avoue que je n'ai toujours du mal avec la médiocrité.

00:12:07: c'est probablement l'un des mes défauts.

00:12:10: Je peux être assez radical sur ce sujet.

00:12:13: Je pense que cela s'est parfois vu.

00:12:16: Il m'est arrivé d'en payer le prix, mais sur le fond je maintiens ce constat.

00:12:23: Lorsqu'une personne est dépassée par sa fonction et tente de masquer cette réalité, le danger devient réel.

00:12:32: C'est l'un des fils… des fils rouges que j'ai retrouvés chez de nombreux mauvais dirigeants.

00:12:40: J'dis parfois de manière un peu provocatrice Il ne savait vraiment pas ce qu'il faisait.

00:12:49: C'est évidemment une simplification, ce que je veux dire c'est qu'ils étaient dépassés.

00:12:56: Not big enough for the job.

00:12:59: et à mes yeux c' est l'un des schémas les plus fréquents du mauvais leadership.

00:13:07: il existe aussi une autre variante celle où la personne comprend parfaitement son métier sur le plan intellectuel.

00:13:16: Elle n'est ni incompétente, ni dépourvue d'intelligence mais elle construit progressivement un monde parallèle.

00:13:25: Elle se présente comme quelqu'un qu'elle n'ait pas réellement et elle décrit son équipe comme quelque chose qu'elles n'aient pas davantage.

00:13:35: Les collaborateurs s'en aperçoivent très vite.

00:13:39: le cynisme s'installe alors souvent Et à partir de ce moment là Le respect commence à disparaître.

00:13:48: Là encore la leçon est simple, reste ancrée dans la réalité, n'avante pas d'univers parallèle, ne te raconte pas l'histoire et ne laisse pas les autres tant raconter non plus.

00:14:05: Puis il y a le tyran, le despote, encore une fois quelqu'un qui était dépassé par sa fonction.

00:14:12: Il se présentait comme participatif.

00:14:16: En réalité, il voulait tout contrôler.

00:14:19: Plus de confiance dans les autres.

00:14:23: Probablement plus de confiance en lui-même également.

00:14:27: Au fond ce n'était pas un mauvais homme mais d'un rôle qu'il occupait à l'époque.

00:14:34: ils n'étaient pas à sa place.

00:14:36: Il s'était hissé à force de travail depuis des origines modestes et je précise immédiatement Rien de négatif à cela, je viens moi-même d'un milieu très simple.

00:14:49: Mais il portait probablement beaucoup d'inquiétude et d'insécurité en lui !

00:14:56: Et cela avait fini par produire un dirigeant obsédé par le contrôle.

00:15:02: Maladroit dans les relations humaines, maladroit sur sa communication….

00:15:08: Là encore on retrouve le même schéma – Le sentiment comme compensation.

00:15:17: Chez le country clubber cela prend la forme du théâtre, chez les despotes cela devient du contrôle et de la pression, chez le colérique cela explose ce format de colère.

00:15:31: mais les conséquences restent presque toujours les mêmes.

00:15:38: Le désengagement, la démission intérieure.

00:15:42: puis Il y a encore une catégorie.

00:15:46: Les dirigeants pour qui sont négaux et son propre récit deviennent plus importants que l'entreprise elle-même.

00:15:56: Pour les équipes, c'est extrêmement frustrant.

00:15:59: Ces personnes sont souvent intelligentes, structurées.

00:16:03: Elles ont parfois même de très bonnes idées sur le papier.

00:16:08: Tout semble cohérent tout poréologique Mais lorsque vient le moment de l'exécution, la réalité finit par reprendre ses droits.

00:16:19: Ce sont des rêveurs, des personnes qui voudraient parfois être une sorte de Steve Jobs mais sans avoir encore réalisé le travail nécessaire pour y parvenir.

00:16:44: Il faut être capable d'en assumer les exigences.

00:16:48: Ces personnalités sont souvent peu réceptives aux conseils, elles ne font qu'à leur tête.

00:16:55: Elles donnent l'impression d'écouter, elles organisent des discussions et sollicitent des avis mais au final elles font exactement ce que elle avait décidé de faire dès le départ.

00:17:11: Difficile à gérer !

00:17:13: Et cela devient profondément démotivant pour les équipes.

00:17:17: Là encore, le résultat est souvent le même — le cynisme, le retrait intérieur, la perte d'engagement !

00:17:26: J'ai également observé ces comportements en dehors du monde et du management.

00:17:32: J'aie vu des investisseurs traiter des fondateurs avec un mépris difficile à imaginer... j'ai eu des menteurs humiliés de leur protéger.

00:17:42: J'ai vu des clients transférer leurs propres pressions sur leur partenaire, le prestataire ou leur fournisseur.

00:17:52: Cela existe partout !

00:17:54: La règle reste toujours la même.

00:17:57: Cherche tes alternatives ou mieux encore construis-les avant d'en avoir besoin.

00:18:03: D'autres investisseurs, d'autres clients ,d'autres opportunités et d'autre partenaires, d''autres chemins.

00:18:11: Parfois, il faut aussi avoir le courage de mettre fin à une relation commerciale.

00:18:17: Il ne faut pas accepter n'importe quoi sous prétextes que l'argent est en jeu.

00:18:24: À un moment donné il faut des principes — pas par orgueil, pas par esprit de confrontation mais par respect de soi-même.

00:18:34: Pendant longtemps dans les grands groupes j'ai accepté beaucoup trop de choses.

00:18:40: comme entrepreneur je ne le fais plus.

00:18:45: Et là nous arrivons au bon patron, et là c'est un tout autre sujet.

00:18:56: Au tout début de ma carrière j'ai eu un patron particulièrement remarquable.

00:19:03: il était structuré exigeant disponible ouvert on pouvait aller le voir.

00:19:11: il n'avait pas de mise en scène hierarchique inutile, pas de jeu-de-pouvoir.

00:19:18: Mais il y avait une ligne éclair !

00:19:20: Et lorsqu'une situation l'exigeait, ils savaient aussi dire « Non comme ça, cela ne va pas ».

00:19:28: Pour moi c'est l'essence même d'un bon leadership.

00:19:31: Soutenir tout en exigeant.

00:19:34: Écouter sincèrement.

00:19:36: Donner des repères.

00:19:38: Tracer en cap.

00:19:40: Puis j'ai eu un autre responsable qui m'a profondément marqué parce qu'il prenait du temps, du vrai temps même sur le fond des dossiers et relisait les offres.

00:19:55: Les propositions commerciales, les présentations, les rapports, ils contribuaient à les améliorer.

00:20:06: Il ne se contentait pas de commenter depuis son bureau.

00:20:11: Je me souviens d'un atelier de travail et consacré à une proposition commerciale de plus de cent trente-cinq millions.

00:20:18: À un moment donné, il nous a interrompus et lui nous a dit quelque chose qui m'est resté.

00:20:22: — Écoutez !

00:20:25: Nous ne sommes pas ici pour organiser un atelier agréable avec quelques activités sympathiques et beaucoup de bonnes intentions.

00:20:33: Nous sommes ici pour atteindre un objectif.

00:20:36: Alors de quoi avons-nous réellement besoin ?

00:20:39: pour y parvenir, puis venait sa formule.

00:20:45: All hands to the pump !

00:20:46: Tout le monde à la pompe, tout le monde mobilisé, tout Le monde concentré sur l'essentiel.

00:20:53: Ce sont des gens d'action ou des bâtisseurs, des personnes qui font avancer les choses.

00:20:59: Et puis bien sûr il y a eu Eduardo Montes.

00:21:02: Je peux le citer sans hésitation.

00:21:05: À l'époque ils dirigeaient Siemens Espagne une organisation qui représentait déjà plus d'un milliard d'euros des chiffres d'affaires.

00:21:12: Il fut l'un de mes patrons avant de rejoindre, plus tard le directoire mondial de Siemens.

00:21:20: Alors Édouard O., il a rejoint le directoir mondial du Siemens, un dirigeant exceptionnel.

00:21:28: Qu'est-ce qu'il faisait?

00:21:29: sa force ?

00:21:31: Le focus, un focus absolu !

00:21:34: Une grande rigueur !

00:21:36: Des attentes claires... Avec lui, on savait toujours où l'on en était.

00:21:43: Pas des discours inutiles !

00:21:44: pas de détour, pas de faux semblants et surtout il incarnait lui-même ce qu'il demandait aux autres.

00:21:53: Je me souviens de présentation du résultat que j'ai fait.

00:22:00: Il examinait les chiffres ligne par ligne et soudain il s'arrêtait et disait Armin ça ne colle pas.

00:22:08: Puis il le répétait.

00:22:09: Nomé quadre, armin.

00:22:11: nomé quadr en espagnol ça ne colle pas.

00:22:13: quelque chose lui paraissait incoérant.

00:22:16: alors il fallait expliquer comprendre justifier c'est aussi cela les leadership être prêt à entrer dans le détail lorsque c est nécessaire de pas simplement exiger montrer l exemple être impliqué.

00:22:34: après mes années à l étranger J'ai également rencontré une autre personne qui m'a beaucoup appris sur un sujet très différent, la sérénité ou plutôt pour être précis quelqu'un qui m'souhaitait davantage de sérédité.

00:22:52: C'est la première personne qui me fait prendre conscience de ce sujet dans une délicace discrète glissée d'un livre.

00:23:02: Je m'en souviens encore aujourd'hui.

00:23:05: cela remonte à plus Et depuis, je travaille sur cette dimension de ma personnalité.

00:23:13: La sérénité est probablement l'un des plus grands défis de ma vie.

00:23:19: Comme on dit souvent la prise de conscience n'est déjà imprimée pas et à tous ceux qui vivent sous pression je ne peux donner qu'un conseil, travailler votre sérenité si elle ne vous ai pas donné naturellement.

00:23:39: Je pense aux entrepreneurs, aux dirigeants, au manager ou responsable de PME.

00:23:46: À tous ceux qui écoutent ce podcast !

00:23:50: La pression fait partie du métier et pour certains elle est permanente.

00:23:56: Or la pression permanente finit toujours par avoir un coup.

00:24:02: Pour moi, la sérénité commence par une idée simple, accepter la réalité telle qu'elle de pas lutter contre les faits, ne pas souhaiter qu'ils soient différents.

00:24:15: Les regarder en face puis se demander quelle est la meilleure réponse possible à cette situation ?

00:24:25: C'est évidemment plus facile à dire qu'à faire.

00:24:28: Certaines personnes possèdent cette qualité naturellement.

00:24:34: Mon père par exemple il a aujourd'hui quatre-vingt dix ans.

00:24:39: Ma grand-mère paternelle possédait cette même forme de calme.

00:24:44: Mon beau père également !

00:24:47: J'ai toujours admiré cela.

00:24:49: Personnellement, j'ai tout d'atteindre un jour ce niveau.

00:24:55: Je suis construit autrement.

00:24:58: D'avantage de moteurs, davantage d'ambitions, davantages d'envie de réussir….

00:25:04: C'est probablement le revers de la médaille.

00:25:08: Comme les disaient Bruce Lee, be happy but never satisfied.

00:25:14: Soit heureux mais jamais satisfait.

00:25:17: Pourtant lorsqu'on dirige des personnes une certaine forme de sérénité devient indispensable.

00:25:26: Nous avons récemment connu un premier trimestre qui n'était pas particulièrement brillant dans mon agence.

00:25:33: Rien de dramatique, rien qui menaçait l'existence de l'entreprise mais certainement pas un trimestre qui nous donnait envie de sabrer le champagne.

00:25:45: Dans ce genre de situation il faut regarder la réalité avec calme et lucidité, examiner les coups fixes et identifier ceux qui est réellement nécessaire, comprendre ceux qui stabilisent l'activité puis revenir au fondamentaux aux bases.

00:26:04: Dans notre métier, cela signifie reprendre les conversations avec le marché par exemple, créer de nouvelles opportunités, parler aux clients, lancer de nouveaux échanges, retrouver un rythme d'action régulier, stable, presque statistique, faire le travail tout simplement.

00:26:24: C'est ce que nous avons fait et les résultats sont venus.

00:26:28: Cela aussi relève la sérénité.

00:26:31: ou peut-être davantage de la lucidité, à vrai dire l'alucidité mais plus naturelle que la sérénité.

00:26:41: Revenons maintenant aux figures de leadership qui m'ont marquée !

00:26:46: L'une des plus importantes fut ce mentor qui m a confié des responsabilités très tôt dans ma carrière.

00:26:54: À l'époque il dirigeait une entreprise pesant plusieurs milliards.

00:26:58: Moi j'occupais encore un poste relativement modeste l'organisation.

00:27:05: Et pourtant, il m'a remarqué un jour ils m'ont envoyé à Sydney.

00:27:13: je devais évaluer une opportunité d'externalisation pour la Commonwealth Bank of Australia une grande banque, je peux le dire aujourd'hui.

00:27:25: C'était une autre époque et ma mission consistait à préparer une recommandation stratégique destinée à la direction pour un projet d'outsourcing.

00:27:40: J'ai pris cette responsabilité extrêmement sérieuse.

00:27:43: évidemment lorsqu'une personne de ce niveau vous fait confiance vous avez envie d'être à la hauteur.

00:27:52: Je pense avoir fait du bon travail.

00:27:54: Il lui aussi le pensait.

00:27:56: C'est là que j'ai compris quelque chose d'essentiel, la confiance créée souvent les conditions de la performance.

00:28:06: Voilà un exemple typique de bon leadership !

00:28:09: Vous confiez à quelqu'un davantage de responsabilité qu'il ne pense pouvoir en assumer.

00:28:17: Un peu plus... Pas beaucoup plus, juste assez pour provoquer une progression.

00:28:24: Comme disent les Américains « Bite off a little more than you think you can chew ».

00:28:32: Mais ensuite vous restez présents !

00:28:34: Vous êtes disponibles !

00:28:36: Vous accompagnez parce qu'autrement la personne risque simplement de s'étouffer avec ce morceau trop ambitieux.

00:28:46: Les grands dirigeants savent faire cela... Ils font confiance.

00:28:52: Pas un buglément, pas un buglément !

00:28:54: La confiance doit toujours être méritée.

00:28:59: Mais là aussi nous avons un grand malentendu des fois.

00:29:02: Mais ils font confiance, ils exigent, ils créent du dépassement de soi et surtout il ne vous abondonne pas lorsque les difficultés arrivent.

00:29:14: Puis est arrivé David Andrews l'un des dirigeants les plus marquant de toute ma carrière.

00:29:22: Je le cite volontairement aussi parce qu'il le mérite.

00:29:26: avec ce mentor qui m'avait envoyé à Sidney et avec Eduardo Montes, David Andrews fait partie des personnes qui m ont le plus influencé peut-être même la plus influente.

00:29:40: il avait une particularité assez rare c'était le seul dirigeant dont les interventions pouvaient parfois me donner la chère de poule.

00:29:49: Pourquoi ?

00:29:51: Parce qu'il réunissait plusieurs qualités, rarement présentes au même niveau chez une seule personne !

00:30:00: Le focus, le professionnalisme, l'orientation résultat, l''exigence", « la confiance », « le soutien »… La capacité à être présent quand il fallait et aussi un vrai talent de communicant, un excellent storyteller.

00:30:18: Mais ce qui m'a le plus marqué chez lui c'était son courage, son courage de défendre ses principes.

00:30:27: Je travaillais alors sur des contrats BPO Business Process Outsourcing représentants parfois plusieurs centaines de millions à partir d'un certain stade du processus de vente.

00:30:38: nous avions une règle très simple Nous voulions l'exclusivité, plus de discussions parallèles avec nos concurrents.

00:30:49: Un jour un très grand groupe international a refusé cette condition.

00:30:53: La réponse d'avid fut immédiate.

00:30:57: We walked away !

00:30:59: Nous nous sommes en allée.

00:31:01: Nous avons quitté le processus simplement.

00:31:04: Un an plus tard, cette même entreprise est revenue et nous avons signé le contrat.

00:31:11: Mais ce type de courage suppose une condition préalable, ne jamais devenir dépendant d'une seule transaction.

00:31:20: D'un seul client, d'un sol contrat !

00:31:24: La solidité économique donne la liberté stratégique.

00:31:29: et cette leçon m'est restée parce que je n'avais jamais vu auparavant une telle cohérence entre les principes affichés.

00:31:41: Il y avait encore autre chose, quelque chose que je n'ai pratiquement jamais revu depuis.

00:31:47: La discipline d'exécution.

00:31:49: Chez Andrews il avait cette qualité supplémentaire que je ne l'avais jamais observée comme j'y ai dit et je ne les jamais retrouvés depuis.

00:32:02: Cette discipline d´exécutions la discipline de mise en œuvre elle avait une ligne éclair.

00:32:13: Lorsqu'une décision était prise, elle était exécutée.

00:32:17: On ne revenait pas dessus tous les trois jours !

00:32:20: On ne regardait pas constamment à gauche et à droite pour vérifier si une autre option paraissait soudain plus séduisante.

00:32:33: Parfois la décision n'était pas parfaite, parfois même elles s'avéraient erronées mais elles étaient exécutées.

00:32:43: Cette capacité d'exécution m'a profondément impressionné.

00:32:48: A ce niveau, je l'ai rarement revu.

00:32:52: C'était remarquable que l'orientation vers les chiffres était également essentielle !

00:32:57: Je repense souvent à une autre entreprise américaine pour laquelle j'ai travaillé.

00:33:02: Là-bas, une phrase revenait constamment « Give me the numbers ».

00:33:06: Donne moi les chiffre.

00:33:09: Comment se porte l'activité ?

00:33:11: Où en sommes nous ?

00:33:13: À la fin... Les chiffres racontent toujours une histoire et ils mentent rarement, ils disent toujours la vérité.

00:33:23: À quoi sert-il que tout le monde soit heureux ?

00:33:25: Que tout le mundo s'apprécie si l'entreprise perd de l'argent ?

00:33:30: C'est là n'a aucun sens !

00:33:32: Les chiffre doivent être au centre des discussions mais toujours accompagnés de soutien d'échanges et d'accompagnement.

00:33:42: Je me souviens d'un appel avec mon supérieur américain.

00:33:46: J'étais dans un train entre Parla et une autre ville en Allemagne.

00:33:54: C'est l'ICE, l'équivalent de l'UTGV en France mais chiffre n'était pas bon !

00:33:59: La conversation a duré peut-être dix secondes.

00:34:02: il m'a dit Armin, armin, we can't lose that much money so do something about it.

00:34:11: On ne peut pas perdre tant d'argent.

00:34:13: alors fais quelque chose.

00:34:15: puis il leur accrochait.

00:34:17: Le message était parfaitement clair, mais je savais également une chose si j'avais besoin de lui... Il serait là !

00:34:28: Alors j'ai agi et lorsque la situation s'est redressée, j'étais de nouveau comme le disaient les anglais in his good books.

00:34:38: La clarté est importante.

00:34:40: Les messages clairs sont importants.

00:34:44: Ensuite Il y a eu le grand dirigeant d'un grand groupe de télécommunications.

00:34:53: Oui, un grand dirigent aussi pour moi !

00:34:54: Il n'était pas mon supérieur direct mais il faisait partie des personnes que j'observais avec attention.

00:35:01: Il dégagait une véritable présence.

00:35:05: Pas cette autorité artificielle du despote qui contrôle tout et tout le monde... Une autre forme de présence, une expérience international, une ouverture au monde le goût des langues, une curiosité sincère pour les cultures.

00:35:24: Il n'était pas français mais il parlait en français à un niveau très remarquable.

00:35:31: Si tu veux devenir un grand dirigeant international, parler anglais ne suffit pas !

00:35:37: Tu dois t'immerger dans d'autres cultures, tu dois t't'y intéresser sincèrement, comprendre les gens, tu dois être capable de les ressentir.

00:35:51: C'est là que commence le véritable leadership international.

00:35:55: et les meilleurs possèdent également une vision.

00:35:59: Ils savent gérer ils savent diriger mais surtout il savent formuler une vision capable d'entraîner les autres la vision la plus forte que j'ai vécu personnellement remonte à mes années en Angleterre.

00:36:16: Je dirigeais alors une équipe de conseils avant vente.

00:36:21: Nous étions une douzaine, tous jeunes, tous ambitieux, tous diplômés de MBA ou équivalents, tous impatients de relever des grands défis.

00:36:34: Nous travaillons dans un environnement extrêmement international autour de contrats BPO Business Process Outs, sur une complexe représentant parfois plusieurs centaines de millions.

00:36:45: Et notre vision tenait en trois mots.

00:36:51: Nous faisons la différence.

00:36:54: Cela paraît un peu simple Mais cette phrase avait une véritable force, nous ne voulions jamais quitter un projet ou quitter le bureau le soir en ayant l'impression que notre présence n'avait servi à rien.

00:37:14: J'avais déjà vécu cela auparavant moi pendant près de deux ans et je sais à quel point ce sentiment peut être destructeur.

00:37:25: Je voulais ressentir chaque jour que j'avais apporté quelque chose à mes clients, à mon entreprise aux actionnaires, aux investisseurs, à mes collègues et mes équipes.

00:37:38: Les grands dirigeants savent créer cela !

00:37:41: Ils donnent du sens, ils formulent une vision, ils donnent envie de contribuer à quelque chose qui dépasse le simple quotidien.

00:37:53: Il possède une véritable stature internationale.

00:37:57: Et surtout... Ils ont de la substance.

00:38:07: Quels sont donc les traits communs que l'on retrouve chez les grands dirigeants ?

00:38:16: Ils ont une vision, ils savent inspirer, ils font confiance, il savent exiger et faire progresser les autres.

00:38:30: Ils sont clairement orientés vers le résultat.

00:38:35: parfois même de manière extrêmement exigeante.

00:38:38: Ils assurent le suivi, ils apportent de la clarté, ils prennent des décisions difficiles lorsque cela s'impose, qu'ils font preuve d'encourage.

00:38:53: et surtout ils exécute, ils execute, il ne se contente pas de parler.

00:39:01: Ils ne remettent pas tout constamment en question, ils savent maintenir une décision même lorsqu'elles comportent des inconvénients.

00:39:10: Car il n'existe aucune décision sans contrepartie !

00:39:15: Il cultive la sérunité lorsqu'elle ne leur est « pas naturelle ».

00:39:20: Ils sont présents pour leurs équipes.

00:39:23: Ils favorisent la coopération.

00:39:25: Ils recherchent les situations gagnant-gagnant que ce soit comme dirigeant... monteur, imbécisseur ou client.

00:39:35: Et cela m'amène à une partie très personnelle de cette histoire parce qu'elle explique comment je suis moi-même devenu ce manager international et cet entrepreneur.

00:39:48: À la fin de ma vingtaine j'étais encore développeur de logiciels !

00:39:54: J'avais une vision très claire... Je voulais devenir Manager International.

00:40:01: Les langues ont toujours occupé une place importante dans ma vie.

00:40:04: Je les aime, je parle plusieurs langues à un niveau professionnel mais ceux qui m'intéressaient n'étaient pas simplement d'apprendre des langues !

00:40:14: Je voulais utiliser, travailler à l'international, évoluer entre plusieurs cultures, construire des ponts entre des univers différents... À cette époque j'ai acheté un livre.

00:40:29: Je crois qu'il s'intitulait « The International Manager ».

00:40:35: Il provenait de Lashwich Management College, qui comptait à l'heure parmi les écoles du management les plus reputées du Royaume-Uni.

00:40:45: Très forte en psychologie des organisations, en comportement organisationnel et en développement du leadership.

00:40:53: Je lisais ce livre alors que j'étais encore développeur !

00:40:58: Un jour, dans le métro de Munich, quelques collègues s'en montaient dans la rame.

00:41:03: Je crois que nous étions sur la ligne U-II.

00:41:07: Ils ont regardé et la couverture m'ont demandé « Qu'est ce que tu lis ?

00:41:12: ».

00:41:13: Je leur ai montré le titre.

00:41:16: Ils en réclatait derriere.

00:41:18: « International mange, c'est ça que tu veux devenir ?

00:41:21: — Eh bien !

00:41:23: bonne chance.

00:41:24: ».

00:41:26: J'ai simplement répondu très bien.

00:41:30: Et j'ai continué à lire.

00:41:31: parce que je n'avais aucune intention d'abandonner cette vision.

00:41:36: Au contraire, je me suis dit quelque chose de très simple.

00:41:40: Si je veux devenir manager il serait peut-être judicieux d'apprendre ce métier !

00:41:48: J'avais déjà vu trop d'excellent experts devenir de mauvais dirigeants.

00:41:53: Je ne voulais surtout pas suivre le même chemin.

00:41:57: J'ai donc décidé de préparer sérieusement cette

00:42:00: transition.".

00:42:02: C'est ainsi que j'ai intégré la Henley Business School au Royaume-Uni pour y préparer un MBA.

00:42:10: Et rétrospectivement, ce fut un véritable tournement dans ma vie !

00:42:16: Ce MBA représentait pour moi un véritable changement de paradigme.

00:42:22: A l'époque, j'étais diplômé en linguistique informatique en anglais et en langue romane.

00:42:28: J'avais un diplôme universitaire solide, une maîtrise.

00:42:32: Mais je ne me sentais pas encore prêt pour les responsabilités manageriales auxquelles j'aspirai.

00:42:42: C'est alors que le célèbre consultant de recrutement en Allemagne — à l'époque Heiko Mehl il s'appelait Adusseldorf — m'a donné un conseil que je n'ai jamais oublié.

00:42:57: Il m'as dit « Faites un effort supplémentaire ».

00:43:00: Passer votre MBA.

00:43:02: Après tout, vous avez étudié quelque chose qui n'intéresse pas grand monde.

00:43:08: Sa formule était provocatrice, mais elle a fait mouche !

00:43:13: Elle m'a poussée à agir.

00:43:15: C'est ainsi que j'ai progressivement quitté le rôle de spécialiste pour devenir manager.

00:43:23: J'étais un profil atypique, développeur de logiciels qui travaillaient déjà sur des sujets liés à l'intelligence artificielle.

00:43:31: A l'époque j'avais participé à des projets de recherche allemand et européen d'initiatives européennes de l'UE à la époque qui s'appelait Esprit.

00:43:43: Et puis le management est venu s'ajouter à cette base technique.

00:43:49: Soudain tout s'est accéléré.

00:43:52: À tronche sept ans Je faisais partie du cercle dirigeant d'un grand groupe international, j'étais parmi les plus jeunes.

00:44:00: J'évoluai dans des environnements extrêmement complexes, structures matricielles, responsabilités internationales, cultures différentes, langues différentes, marchés différents et très souvent avec le dos au mur .

00:44:18: J'ai changé d'entreprise mais rémunérations ont parfois doublée.

00:44:24: J'ai occupé des postes extrêmement bien remunérés.

00:44:30: Aujourd'hui, j'aime plaisanter en disant qu'il s'agissait parfois d'une forme d'indemnité pour souffrance parce que derrière les titres et les responsabilités la réalité était souvent beaucoup moins glamour.

00:44:47: Il y avait de la peur, il y avait du doute , il y avais l'incertitude et parfois même de la souffrance.

00:44:55: Mais j'ai aussi appris une chose, on ne progresse pas sans un confort.

00:45:02: Un athlète qui refuse l'effort n'progresse — Salon, oui, un salon.

00:45:27: J'ai vécu ce que j'ai compris bien plus tard être une crise de panique.

00:45:38: «J'ai aujourd'hui plus de soixante ans et c'est la seule période de ma vie où quelque chose de ce genre m'est arrivé.

00:45:48: Simplement parce-que je me mettais une pression énorme pour avancer.».

00:45:53: Voilà aussi la face cachée des carrières que l'on admire de l'extérieur.

00:45:58: J'ai été écarté et de projet parce-que j'avais exprimer mon opinion, j'ai perdu certaines fonctions où j'étais victime de programmes de réduction du coup alors même que mes résultats étaient bons.

00:46:12: Parfois une carrière ralentie simplement parce qu'on se trouve dans le mauvais réseau ou parce que le réseau auquel on appartenait disparaît soudainement.

00:46:22: Cela arrive.

00:46:24: Et parfois, il faut simplement accepter que l'on tombe, qu'on se relève, que l on continue !

00:46:34: C'est de toutes ces expériences qui ont émergé mes convictions en matière de leadership.

00:46:41: Je n'oserai pas à parler d'octrine encore moins de philosophie….

00:46:47: Le mot est devenu tellement galvodée qu'aujourd'hui même les footballeurs ont leur philosophie.

00:46:55: Je préfère parler de quelque conviction simple, quelques idées qui se sont imposés à moi avec le temps.

00:47:06: La première est la suivante.

00:47:09: Les résultats passent avant tout.

00:47:12: Sans résultat, le reste n'a que peu de valeur et les résultats doivent arriver dans des délais raisonnables.

00:47:21: On ne peut pas vivre éternellement de promesses.

00:47:25: Bien sûr, lorsqu'on s'appelle l'Amazon et que l'on peut investir des milliards pendant des années les règles sont différentes mais pour la plupart des entreprises La réalité est beaucoup plus simple.

00:47:38: Il faut produire des résultats et il faut les produire relativement vite.

00:47:45: La deuxième conviction est tout aussi importante.

00:47:50: tu as besoin d'une vision d une vision capable de mobiliser les gens Comme notre fameux We Make a Difference en Angleterre avec mon équipe, les personnes ne suivent pas durablement un simple plan d'action.

00:48:07: Elles suivent une idée, une ambition et une direction.

00:48:14: EllES veulent sentir qu'elles participent à quelque chose qui est du sens.

00:48:20: La troisième conviction est simple.

00:48:23: Tu dois être là pour tes équipes !

00:48:27: C'est indispensable.

00:48:29: Tu ne peux pas célébrer les succès lorsque tout va bien, puis chercher des coupables lorsqu'il est chose tournale.

00:48:37: Un dirigeant assume les deux — les réussites comme les difficultés.

00:48:44: La quatrième conviction concerne un sujet souvent sous-estimé.

00:48:50: La capacité à accepter la critique ?

00:48:53: Tout le monde affirme être ouvert à. Mais lorsque la critique devient réellement directe, lorsqu'elle qu'un remet en question tes décisions ton comportement ou tes résultats.

00:49:08: La situation devient beaucoup plus inconfortable.

00:49:11: C'est là que commence le véritable travail sur soi et les leaderships.

00:49:18: il faut savoir écouter réfléchir accepter que l'on puisse se tromper et chercher à progresser.

00:49:26: La cinquième conviction pourrait se résumer par une phrase anglaise, check your ego at the door.

00:49:34: Laisse ton égo à la porte.

00:49:37: L'égo est rarement un bon conseiller.

00:49:39: Ceux qui comptent ce sont les faits, la compétence et la réalité !

00:49:45: Il faut parfois avoir le courage de faire demi-tour, de reconnaître qu'une décision était mauvaise, de changer des capes… plutôt que de continuer vers le précipice simplement parce qu'on s'est publiquement engagés dans une direction.

00:50:03: J'ai vu trop de dirigeants s'enfermer dans leur propre récit et cela finit souvent mal, enfin ça peut détruire tout !

00:50:17: La sixième conviction, exiger, exiger beaucoup mais accompagner tout autant.

00:50:25: Comme le dit une formule que j'aime bien, « make them grow by demanding a lot ».

00:50:32: Fait grandir les gens en leur demandant beaucoup.

00:50:36: Mais soit également présent !

00:50:38: soutiens-les, aidez-les.

00:50:41: reste humain !

00:50:43: Exige des résultats !

00:50:45: Soit clair lorsque les choses vont bien.

00:50:49: Soit tout aussi clair lorsqu'elles ne vont pas bien.

00:50:53: n'est pas peur des conversations difficiles, il n'ait pas peur non plus de prendre des décisions impopulaires lorsque c'est nécessaire.

00:51:05: Voilà au fond ce que j'ai appris aux fils de toutes ces années et c'était aussi ce que je essaye d'appliquer aujourd'hui dans mon entreprise.

00:51:15: Ce qui me touche particulièrement C'est que mes collaborateurs et collaboratrices me renvoient souvent exactement ces qualités lorsque nous échangeons.

00:51:28: Ils parlent de motivation, des capacités à décider, de communication d'écoute, de respect, de confiance, de transparence, de responsabilité, d'exigence… Et cela me fait naturellement plaisir, non ce retour?

00:51:46: parce que cela signifie qu'une partie des leçons apprises auprès de bons dirigeants comme des mauvais à finalement trouver sa place.

00:51:58: Pour conclure voici quelques principes simples Les choses à éviter.

00:52:05: d'abord ne masque pas ton manque de préparation.

00:52:10: Ne construis pas de faux récit.

00:52:13: Ne compense pas ton insécurité par la pression.

00:52:17: Ne deviens pas colérique, ne rabaisse jamais tes collaborateurs.

00:52:22: Ne fais pas semblant de consulter alors que tu es déjà décidé.

00:52:28: Ne place pas ton égo au-dessus de l'intérêt collectif.

00:52:32: N'abuse jamais une relation de dépendance.

00:52:36: et si tu te retrouves toi même dans une situation des dépendances malsaines, cherche des alternatives !

00:52:42: d'autres investisseurs, d'autre clients.

00:52:46: D'autres opportunités ,d'autres patrones.

00:52:50: Parfois se partir est la meilleure décision.

00:52:54: et maintenant les choses à faire comme leader apporte de la clarté donne une direction fait confiance exige fait progresser écoute décide reste ancré dans l'effet Cultive la sérénité, revient au fondamentaux lorsque la situation devient difficile.

00:53:22: Regarde les chiffres !

00:53:24: Reste humain.

00:53:26: Sois présent pour tes équipes.

00:53:28: Transforme le potentiel en responsabilités.

00:53:32: Assume les conséquences de tes décisions.

00:53:36: Soit courageux et surtout fait la différence.

00:53:41: Make a difference.

00:53:44: C'est probablement la phrase qui m'a le plus accompagné tout au long de ma carrière.

00:53:49: Je suis profondément reconnaissant d'être arrivé à ce deux centième épisode et je suis encore plus reconnaissant que vous soyez toujours là !

00:54:01: Merci pour votre confiance, merci pour votre fidélité.

00:54:04: Parfois, vous serez d'accord avec moi ?

00:54:07: Parf fois non !

00:54:09: Et c'est très bien ainsi !

00:54:11: parce que c'est aussi grâce à ces échanges que l'hombre au Grèce.

00:54:16: Lessons to grow continue avec de nouveaux entretiens, de nouvelles analyses et de nouvelles expériences de terrain.

00:54:26: Et bien sûr avec les six levels views dans lesquelles des dirigeants remarquables de grands groupes internationaux comme de PME viennent partager leur expérience.

00:54:39: Avant de nous quitter, j'aimerais dédier cet épisode à toutes les personnes qui m'ont permis d'apprendre.

00:55:00: tout de ce monde.

00:55:11: Sans lui, il n'y aurait probablement jamais eu deux cents épisodes.

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